Retour vers le menu

Note sur la dérivation provisoire

En attendant la dérivation provisoire du fleuve prévue en juillet 2013, Jean Damas SOLO, Directeur du Projet Adjoint, dresse une fiche technique de cette phase déterminante de la construction du barrage de Lom Pangar.

Contexte

En prévision d’une mise en eau partielle du réservoir, le phasage général des travaux de construction du barrage hydroélectrique de Lom Pangar comporte 3 phases principales :

La phase 1 : concerne essentiellement la construction en rive gauche des ouvrages de dérivation à savoir les 5 pertuis, les murs d’entonnement amont et les murs de restitution aval. Ces constructions se font à l’abri de batardeaux provisoires de première phase. Pendant cette phase, le Lom continue de couler dans son lit.

La phase 2 : concerne la réalisation proprement dite du massif central en béton et des digues latérales en remblai, sous la protection des batardeaux de phase 2. Durant la phase 2 des travaux, le fleuve Lom transitera à travers les 5 pertuis de dérivation. Et en fin de cette phase, et si toutes les conditions de sécurité de l’ouvrage sont réunies, on pourra procéder à la fermeture des pertuis de dérivation pour réaliser une mise en eau partielle anticipée du réservoir. Pendant la mise en eau, un débit écologique de 25 m3/s minimum transite par l’ouvrage de restitution pour ne pas assécher totalement le fleuve à l’aval du barrage. Les crues de chantier sont également gérées par l’ouvrage de restitution.

La phase 3 : concerne la phase d’achèvement de l’ensemble des travaux de construction du barrage après la fermeture des vannes des pertuis de dérivation.

Problématique de la dérivation en juillet.

JPEG - 298 ko

Il faudrait que la dérivation du Lom ait lieu en Juillet pour éviter les problèmes liés à la remontée des eaux. En effet, la remontée des eaux s’accompagne de courants importants du Lom qui rendraient particulièrement difficile la fermeture des batardeaux de deuxième phase. Au cas où cette dérivation n’était pas faite en juillet ou début août, elle devrait être reportée à la fin de la saison humide (novembre) ce qui pourrait avoir des conséquences importantes sur les délais d’exécution des travaux, d’où son caractère critique.

Description de l’ouvrage de dérivation

La dérivation provisoire est assurée par un ouvrage en béton armé conventionnel, constitué de deux murs guideaux amont permettant l’entonnement des débits du Lom, de 5 pertuis rectangulaires de 6 m de large et 9 m de hauteur, et de deux murs guideaux aval permettant la restitution des débits du Lom dans son lit naturel pendant la construction du barrage. Ces ouvrages superficiels sont posés sur un radier de 1,5 m d’épaisseur, calé à la côte 634 NGC. Les voiles font 2,5 m d’épaisseur sur une hauteur de 9 m. La dalle armée fait 2 m d’épaisseur. La quantité totale des bétons à mettre en œuvre dans les ouvrages de dérivation est de 25 025m3. Le béton est mis en place suivant des levées de 1,5 m d’épaisseur pour les radiers, allant jusqu’à 3 m pour les voiles.

Point sur l’avancement des travaux de dérivation

JPEG - 332.2 ko

Le planning trimestriel établi sur la base du programme général des travaux de CWE, pour la période d’avril à juillet 2013, prévoit la fin des travaux de bétonnage des ouvrages de la dérivation vers le 20 juin et la dérivation proprement dite au 16 juillet. L’avancement des travaux est évalué conjointement en termes du nombre de levées et en termes de volume de béton. A la date du 19 mai, l’avancement des travaux est conforme aux prévisions en termes de levées de bétonnage, et légèrement en avance en termes de volume (1 250 m3 d’avance sur un total de 25 025 m3). Il reste actuellement 42 levées à réaliser en 5 semaines, soit 8 à 9 levées par semaines en moyenne. En ce qui concerne les difficultés, nous anticipons des difficultés pour la mise en place des pièces fixes (rainures et seuils) des vannes des pertuis pour lesquelles nous observons un manque de réactivité de CWE quant à la validation du procédé de soudage, de l’homologation des soudeurs et de la procédure d’installation. Mais nous maintenons avec Coyne et Bellier / ISL, la pression nécessaire pour amener CWE à se conformer aux prescriptions de son marché afin de garantir l’exécution des travaux selon les normes requises. Nous l’avons fait par le passé pour obtenir la mise en conformité de CWE par rapport aux exigences des Bailleurs de Fonds, ce qui a abouti à la mise en vigueur du prêt de la Banque Mondiale le 19 mars dernier, et qui conditionnait la mise en place des autres financements, et nous allons continuer de le faire jusqu’à la fin des travaux

Galerie